Mise à jour: mercredi 1 avril 2015

El Taco Truck ou la cuisine de rue préparée avec amour - Actualités - McCulloch

Les food trucks ont rapidement essaimé dans les rues de Stockholm. Nikola Adamovic et Niklas Bolle d'El Taco Truck faisaient partie des pionniers ; leur concept original et leur engagement personnel leur ont permis d'attirer des clients toujours plus nombreux.

« Le plus important, c'est la nourriture », affirme Nikola. « Notre cuisine est basée sur le barbecue et le tex-mex, mais on pourrait la définir comme une fusion américaine de cuisines provenant de toutes les cultures possibles. » Tout ce qu'il faut, c'est une touche de rock'n'roll, un côté pratique et de la simplicité.

Nikola et Bolle sont forts d'une grande expérience dans le domaine de la restauration à Stockholm. Ils ont également vécu un certain temps aux États-Unis, où la cuisine de rue mexicaine faisait partie intégrante de la vie quotidienne. Voilà les deux clés de leur succès.

« Nous avons commencé avec peu de moyens », explique Bolle. « Nous avions transformé un bidon d'huile en gril et cuisinions pour des évènements privés, des mariages et des enterrements de vie de garçon. Nous avons constaté que notre cuisine était de plus en plus appréciée et avons commencé à recevoir des demandes pour de grands évènements d'entreprise. »

Ils ont alors compris qu'ils étaient prêts à sauter le pas vers un véritable food truck. C'en est suivi un long processus d'allers et retours avec l'administration, personne ne souhaitant prendre la responsabilité de leur délivrer un permis.

« Au final, nous ne transgressions aucune règle. Alors on s'est dit : « OK, on y va ». Nous avons trouvé un vieux van de 1967 et l'avons totalement transformé pour en faire une cuisine mobile. C'était il y a environ cinq ans », explique Nikola.

Les pionniers du porc effiloché

Cette aventure a probablement fait de Nikola et de Bolle les premiers possesseurs d'un food truck à l'américaine en Suède. Cela leur a également permis de lancer la mode du porc effiloché.

« C'était vraiment intéressant. De telles percées sont rares dans le monde culinaire », ajoute Nikola. « Cela montre qu'il est réellement possible d'innover. » C'est peut-être comme les tacos et la nourriture Thai : des tendances émergent soudain et répondent exactement à un besoin.

Les food trucks sont progressivement devenus très médiatisés et tout le monde a voulu acheter de la nourriture dans la rue. Les responsables politiques locaux se sont rendu compte que le fait de soutenir ce phénomène pouvait servir leur réputation. C'est ainsi que la ville de Stockholm a fini par délivrer des permis à environ 10 à 12 food trucks.

Aujourd'hui, El Taco Truck dispose d'un petit et d'un grand véhicule, ainsi que d'un autre en préparation. Un food truck permanent se trouve également à l'intérieur d'un centre commercial.

Un concept qui tourne toute l'année

Nous sommes maintenant à El Taco Truck HQ, leur nouveau restaurant à Stockholm. Il est midi. Comme il manque un employé en cuisine aujourd'hui, Bolle se lève en permanence de notre table pour servir des clients.

À l'instar de la « Tacqueria », installée un peu plus tôt dans le centre-ville, le restaurant est une manière d'étendre l'activité sur toute l'année. Leurs clients sont peu enclins à acheter de la nourriture dans la rue en plein hiver.

« Nous avons raffiné notre manière de cuisiner et de servir la nourriture pour que nos clients s'y retrouvent, peu importe qu'ils aient choisi nos food trucks ou nos restaurants », explique Nikola. « À vrai dire, nous n'avons pas modifié le menu depuis le lancement, il faut que cela reste simple, mais bon. Personne ne se lasse de cette nourriture. »

Pour Bolle et Nikola, le défi majeur est de tout faire eux-mêmes. Ils disposent aujourd'hui d'une vingtaine d'employés mais achètent eux-mêmes les produits, les cuisinent, s'assurent que tout se déroule sans encombre, servent les plats dans le food truck et font la vaisselle. S'ajoutent à cela la gestion des finances, les réparations sur les véhicules et les travaux d'entretien.

D'un signe de la main, Nikola nous montre un mur qu'il a lui-même carrelé à l'extérieur de la pièce où nous nous trouvons. « Un jour, vous êtes chef cuisinier, le lendemain, maçon, et le jour suivant, vous êtes encore autre chose. Aujourd'hui, nous avons commencé la journée à 7 h en distribuant des flyers dans le métro. »

« Nous n'avons pas de gros investisseurs pour nous soutenir comme beaucoup d'autres », ajoute Bolle. « Cela signifie que l'on peut faire ce qu'on veut, mais gérer une équipe de vingt personnes comporte également son lot de responsabilités. Malgré cela, nous avons beaucoup d'ambition et nous voulons notre place dans le milieu », ajoute-t-il en conclusion.

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