Mise à jour: lundi 1 septembre 2014

La grande aventure - Actualités - McCulloch

« Vivez pleinement votre vie. Si vous restez à la maison sans ne jamais faire aucun écart, vous finirez par vous transformer en légume. »

Ola Skinnarmo résume ainsi sa conception de la vie. Il a l'apparence d'un type normal et ne ressemble pas à un super héros. Mais vous constaterez qu'il est têtu et déterminé, une personnalité probablement décisive pour survivre à une aventure de haut niveau.

À la première place

Le premier événement marquant de la carrière d'Ola a eu lieu en 1998, lorsqu'il est devenu, à 26 ans, le plus jeune au monde et le premier en Suède à atteindre le pôle Sud. Tout seul. Sur des skis.

Deux ans plus tard, Ola est devenu le premier suédois à atteindre le pôle Nord, de nouveau sur des skis. Et il ne s'est pas arrêté là. Parmi ses autres expéditions, il a fait le tour du Groenland en skis et le tour du Svalbard en kayak. Au cours de ses voyages, Ola aime suivre les traces des anciens explorateurs tels que Nansen, Nordenskiöld et Andrée.

« Mais je ne fais pas cela juste pour me vanter, » affirme Ola. « D'une part, je relève les incroyables défis, réussis, de mes prédécesseurs et d'autre part, j'étudie l'évolution de l'environnement. Le paysage polaire a connu de nombreux changements négatifs, en grande partie dus au réchauffement de la planète. »

De temps à autre, Ola accompagne également des personnes éprises d'aventure vers des endroits incroyables, par l'intermédiaire de son entreprise Expeditionsresor. Selon lui, l'idée est de charger en énergie les participants pour ce qu'ils doivent endurer dans leur vie de tous les jours.

Seuls sur la rivière

En bas, près de la berge à Lee's Ferry, Ola et les guides donnent les instructions sur la manière dont nous et les autres participants devrons agir pendant le voyage. On peut déjà ressentir une très grande nervosité dans le groupe.

Les rafts en caoutchouc et leurs pontons semblent très solides, nous avons beaucoup de provisions et des preuves de l'expérience des guides. D'un autre côté, c'est également la première fois qu'Ola vient dans le Grand Canyon, et les gens de notre groupe sont ses cobayes pour déterminer si la descente en eaux vives est vraiment sans danger pour des personnes normales.

Pour commencer, l'environnement dans lequel nous flottons est plutôt plat. Après quelques heures, nous affrontons nos premières eaux vives, mais nous ne rencontrons pas de difficultés et pouvons nous réjouir d'avoir enfin reçu quelques gouttes sur nos visages.

Après cela, nous sommes entourés de parois rocheuses de plus en plus hautes et nous mettons bientôt pied à terre pour voir les anciennes galeries amérindiennes et visiter la caverne aux parois rouges naturelles (Redwall Cavern). Nous montons un camp sur la berge vers 17 h.

La soirée se termine par des chants autour du feu (qui est réalisé à l'aide de lampes torche en raison d'une interdiction de faire des feux), avant de nous coucher sous un imposant ciel étoilé. Les grillons chantent et l'eau coule juste à côté de nous. Cela sonne forcément comme un cliché. C'est encore merveilleux à ce moment-là.

Une inquiétude grandissante

Le quatrième jour, nous nous posons sur un banc de sable pour le déjeuner. « Nous pourrions descendre un peu en marchant pour aller voir les prochains rapides », déclare Ola. Last Chance Rapid (rapide de la dernière chance), les premiers véritables rapides de notre expédition.

Tout en marchant pour aller les voir, nous voyons un groupe de rafts de six personnes s'approcher et s'arrêter de l'autre côté pour se préparer. Leurs visages nous révèlent leur nervosité. Leurs rafts sont bien plus petits que les nôtres et nous nous demandons comment cela va se terminer.

L'inquiétude grandissant, nous voyons le premier raft perdre un passager dans les rapides, puis le deuxième et le troisième chavirent, leurs bras et leurs jambes basculant dans l'eau. Tous survivent, cependant, mais nous sommes maintenant cent fois plus nerveux.

Nous entrons alors dans les rapides. Tout le monde réussit à rester sur les rafts, et nous sommes seulement mouillés et excités lorsque les guides nous font progresser à travers les vagues. Après cela, le sentiment est un mélange de soulagement et de fierté : nous l'avons fait !

Le Last Chance Rapid derrière nous, le groupe a soudainement gagné un peu en force. Et il faut de l'expérience, parce que nous avons toujours été conscients que le pire était encore à venir. Notre voyage se termine par les Lava Falls (Chutes de lave).

Personne n'en sort indemne

Et puis vient le cinquième jour fatidique. C'est presque comme un présage lorsque des nuages sombres arrivent brusquement au-dessus de nous, peu après que nous ayons quitté la terre ferme. Le tonnerre gronde et la pluie tombe sur nous pendant deux heures, et nous ne pouvons rien y faire.

Par ailleurs, la rivière devient de plus en plus difficile et profonde. Avec les Lava Falls à proximité, nous aurions pu devenir facilement tendus et anxieux, mais l'un d'entre nous s'est mis à chanter et le reste du groupe a suivi, la bonne humeur et le beau temps sont alors revenus.

La rivière est comme un miroir juste avant les rapides. Mais nous sentons vite l'eau sous le raft commencer à l'aspirer vers l'avant. Le raft plonge et en dessous de nous, nous ne voyons plus qu'un mur d'eau. Quelques secondes d'angoisse, puis le raft sort de l'eau. Nous sommes projetés dans toutes les directions, mais nous y arrivons. Les acclamations sont nombreuses après cela. Malgré tout, c'est un sentiment particulier lorsqu'un groupe parvient à faire quelque chose de grand ensemble.

Le lendemain matin, nous quittons le Grand Canyon en hélicoptère. Et c'est peut-être ici, alors que les parois du canyon défilent à côté de nous tandis que nous prenons de la hauteur encore et encore sans parvenir au sommet, que nous réalisons véritablement combien tout cela est incroyable.

Alors que l'hélicoptère survole cet énorme paysage rocheux, nos sentiments sont difficiles à décrire. C'est comme si nous étions grands et petits à la fois. Mais une chose est sûre : nous ne sommes définitivement pas des légumes.

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